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Le luxe vu par

Philippe LEBOEUF
Directeur Général - Mandarin Oriental, Paris

Je privilégie l’attitude à l’aptitude

Directeur Général du Mandarin Oriental, Paris depuis 2010, Philippe Leboeuf est aussi vice-président régional en charge des opérations (Paris, Genève et Marrakech). Administrateur de 1999 à 2004 au sein du groupe The Leading Hotels of the World, un consortium qui rassemble 375 hôtels de luxe dans 75 pays du monde, il a également dirigé le Crillon (1995 à 2001), Concorde Hotels & Resorts, Louvre Hotels Group et le Claridge's à Londres.

Pour cet éminent professionnel et ambassadeur de l’hôtellerie de luxe, le moindre détail compte. Depuis la préouverture du Palace en 2011, Bureau d’Image accompagne en ce sens le Mandarin Oriental, Paris pour les formations grooming de tous les collaborateurs, avec des dispositifs novateurs et des modules sur-mesure.


Bureau d'Image : Comment définiriez-vous le luxe ?
Philippe Leboeuf :
Plus que jamais, c’est le temps que l’on accorde aux clients et l’émotion que l’on peut leur procurer pour qu’ils vivent un moment inédit, unique. Le luxe doit aussi s’accompagner, aujourd’hui, d’une responsabilité sociale et environnementale.

BI : Le luxe à la française existe-t-il et quelles seraient ses caractéristiques ?
PL :
L’art de vivre à la française est toujours très reconnu et respecté. Au Mandarin Oriental, Paris, l’art de recevoir à la française est très important et nous accordons une grande importance à cette empreinte. 

BI : Quelles ont été les grandes évolutions dans l’hôtellerie de luxe au cours des dernières décennies ?
PL :
Outre la mutation rapide du service, les innovations digitales et les nouvelles tendances de la gastronomie, l’hôtellerie de luxe se conçoit et construit de plus en plus autour du bien-être, les spas faisant partie intégrante des établissements haut-de-gamme.

BI : Comment les Palaces se démarquent-ils des autres hôtels de luxe ?
PL :
Au-delà des aspects techniques, comme la dimension des chambres, la présence d’un spa et le service exceptionnel, la différence touche à l’aspect émotionnel qu’il est difficile de définir. Les Palaces se distinguent par un supplément d’âme, de l’inédit, et une grande capacité à faire vivre une expérience unique.

BI : Quel leader êtes-vous ? Quel(s) principe(s) guide(nt) votre vie professionnelle ?
PL :
Mon bureau est toujours ouvert, situé à côté du bar pour être disponible et au plus près des employés et des clients. Je m’attache aussi à placer constamment mon équipe en amont de la stratégie et de nos actions car c’est ensemble que nous sommes plus performants et distinctifs. Nous essayons autant que possible que les collaborateurs soient heureux et passionnés. Je suis un passionné de l’hôtellerie et continue d’apprendre les nouveaux métiers.

BI : Quelles exigences la direction d’un hôtel de luxe requiert-elle ?
PL :
Il est impératif d’être au cœur de l’action pour avoir une vision panoramique. Rester dans son bureau ou ne diriger que des réunions stratégiques sont proscrits. Pendant longtemps, les directeurs de Palace venaient de la restauration mais de plus en plus, ils sont issus des ressources humaines. Diriger un hôtel de luxe nécessite de bien connaître le commercial, les RH, les métiers du digital et la restauration d’aujourd’hui qui n’est pas la même qu’il y a 10 ans...

BI : Quelle qualité première exigez-vous de vos équipes ?
PL :
Je ne m’attarde pas sur les aspects techniques et privilégie l’attitude à l’aptitude. Le sourire, le regard et l’ouverture d’esprit sont essentiels. 

BI : Quelle faute vous inspire le plus d'indulgence ?
PL :
Nous sommes tous humains et toutes les situations sont différentes. Lorsque nous ne parvenons pas à nos fins, il est primordial de savoir pourquoi pour pouvoir y remédier la fois suivante. Il ne faut jamais faire deux fois la même erreur. Il y a une faute pour laquelle je ne transige pas, en revanche, c’est ce qui touche au sexisme. J’ai pour ambition d’être féministe. Ma fille, d’ailleurs, enseigne le féminisme. C’est un sujet qui me touche beaucoup et je me montre très protecteur.

BI : En quoi est-il essentiel de former vos équipes à l’excellence de service ?
PL :
C’est un sujet sérieux et capital. La formation est au cœur de notre métier et pleinement inscrit dans l’ADN du Mandarin Oriental. Tous nos collaborateurs suivent un programme complet et personnalisé de formation. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils nous rejoignent. Vous ne pouvez pas progresser au sein du Groupe si vous ne suivez pas un minimum de formation. Si vous êtes n°2 et que vous voulez passer directeur général, il y a un module de formation de 6 mois au sein d’une académie dédiée. Avant d’être promu n°2, il faut passer un MBA. Et pour devenir manager, nos collaborateurs suivent le "MOve Forward", un programme de 14 mois qui permet d’élargir ses domaines d'expertise et de développer son sens des affaires pour être prêt à relever tous les défis au sein de l'hôtel.

BI : Même en qualité de Directeur général d’un Palace, continue-t-on d'en apprendre chaque jour un peu plus sur le luxe, ses codes et ses multiples façons de l'incarner ?
PL :
Absolument car les codes évoluent très vite et ce qui est valable aujourd’hui ne le sera probablement pas dans deux ans. Nous devons être à l’écoute du client car nous travaillons au millimètre près, en quête permanente de la qualité.

BI : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels ?
PL :
D’être ouverts d’esprit, de travailler quelques années à l’étranger pour parler plusieurs langues et d’être sensible aux problématiques de développement durable.

BI : Que préconisez-vous pour les hommes : barbe soignée ou rasage de près ?
PL :
Aujourd’hui j’accepte le port de la barbe soignée, sauf en restauration pour des raisons sanitaires. J’ai en fait revu tous mes standards personnels de grooming, notamment pour la barbe, car j’étais très ringard ! Rappelons que 85% des hommes portraient la barbe avant les années 1912 et 1913. Mais pour enfiler le masque à gaz, ils ont été contraints de se raser… Au début de ma carrière, j’étais donc contre le port de la barbe car ce n’était plus la "norme".

BI : Si l’hôtellerie de luxe était une couleur, quelle serait-elle ?
PL :
Rouge, la couleur de la Chine qui aura un fort impact sur le luxe dans un avenir proche.

BI : Un animal ?
PL :
Un lévrier irlandais. Le chien le plus solide qui peut courir après un loup et lui faire face.

BI : Un adjectif ?
PL :
Belle.

BI : Une émotion ?
PL :
Aimer.

BI : Un objet ? Une œuvre d’art ?
PL :
L’impressionnisme, le pointillisme.

BI : Une devise ?
PL :
"Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin."

BI : Une vertu ?
PL :
La patience.

BI : Un personnage historique ?
PL :
Sœur Emmanuelle.

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