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Le luxe vu par...

Luca ALLEGRI
Président Directeur Général / Le Bristol Paris

Le luxe, c’est vivre des expériences inédites

Elu Meilleur hôtelier 2010 par le réseau Leading Hotels of the World, Luca Allegri est depuis 2016 Senior Vice-Président des Opérations de la Oetker Collection et Président Directeur Général du Palace Le Bristol Paris. De nationalité italienne, il a commencé sa carrière dans l’hôtellerie de luxe à 19 ans, exerçant la plupart des métiers de la profession, de saisonnier jusqu’à directeur des ventes. Formé dans les domaines de la finance, de la restauration, de la relation clientèle et du management à la prestigieuse Cornell University (US), il a assumé de hautes responsabilités au sein de la chaîne Four Seasons puis codirigé le Plaza Athénée Paris avant de prendre la direction générale, en 2007, de l’Hôtel de Paris à Monte-Carlo. En 2011, il devient Directeur Général des hôtels, restaurants et spas de la Société des Bains de Mer (SBM) à Monaco, avec notamment l’Hôtel de Paris et l'Hermitage, deux établissements mythiques de la Côte d'Azur.

Pour offrir une qualité de service irréprochable à ses clients, Le Bristol Paris travaille depuis plusieurs années en partenariat avec Bureau d’Image. Les formatrices de Bureau d’Image ont ainsi formé de nombreux collaborateurs et collaboratrices lors de multiples ateliers grooming sur-mesure et adaptés aux besoins et à l’ADN du Bristol. Bureau d'Image a cocréé avec Le Bristol un module de formation : le grooming service. Une formation sur-mesure et individuelle pour chaque collaborateur. En 2019, un atelier spécial "prendre soin de sa barbe" a même été créé pour répondre à une tendance marquante ces dernières années.


Bureau d’Image : Comment définiriez-vous le luxe ?
Luca Allegri :
Chaque personne a une vision différente et très personnelle du luxe. Pour ma part, si je devais avoir une image du luxe, ce serait la possibilité de dîner dans un restaurant étoilé, Epicure pour n’en citer qu’un, le restaurant 3 étoiles du Bristol Paris, avoir du temps devant soit pour profiter de chaque moment, avoir de l’espace, se sentir (presque) seul au monde, observer le ballet qui s’opère en salle. Plus largement, l’art de vivre et le savoir-faire représentent incontestablement le luxe à mes yeux. 

BI : Le luxe à la française existe-t-il et quelles seraient ses caractéristiques ?
LA :
Plus que jamais, indéniablement. Grâce aux formidables artisans, hôteliers, créateurs, restaurateurs que la France compte. Selon moi, la France et l’Italie sont les piliers de ce secteur. Les produits de luxe français se distinguent particulièrement par la qualité d’ouvrage et l’excellence du savoir-faire mobilisé pour les créer.

BI : Quelles ont été les grandes évolutions dans l’hôtellerie de luxe au cours des dernières décennies ?
LA :
L’hôtellerie de luxe a en effet évolué ces dernières années. La création du label Palace, en 2011, a été un grand tournant pour l’ensemble des hôtels de luxe. Le Bristol Paris fut le premier hôtel à être ainsi désigné "Palace". Depuis quelques années, nous observons aussi une diversification dans le type d’offres proposées, tout en gardant un très haut niveau de service. C’est notamment le cas pour les boutiques hôtels, qui proposent moins de clés ou de services (restaurants, spas…) et des identités très différentes les unes des autres, mais toujours avec un souci du détail incroyable. Enfin, alors que les grands hôtels étaient principalement concentrés dans les agglomérations (Paris, Côte d’Azur, Monaco...), des établissements d’un niveau exceptionnel ont vu le jour dans des régions moins fréquentées. Cela permet aussi de diversifier les offres proposées à la clientèle. 

BI : Comment les Palaces se démarquent-ils ?
LA :
Les Palaces se distinguent par leur qualité de service, irréprochable, la restauration étoilée, et des expériences inédites. Au Bristol, le Chef Eric Frechon est présent à nos côtés depuis plus de 20 ans et a su conserver ses trois étoiles à Epicure depuis plus de 10 ans. Pour les expériences inédites, nous avons par exemple créé "Les ateliers du Bristol" incluant une boulangerie, une chocolaterie et une cave à vin. Ces espaces se trouvent dans les backstages du Bristol, mais les équipes sont ravies de pouvoir les faire visiter à nos clients. Le point commun à tous les Palaces : la volonté d’atteindre l’excellence.

BI : Quel leader êtes-vous ? Quels principes guident votre vie professionnelle ?
LA :
Les principes qui me guident au quotidien : l’envie d’apprendre et de transmettre, la curiosité et le challenge de toujours mieux faire. Il faudrait poser cette question aux personnes qui m’entourent mais je pense être un leader participatif. Je favorise le travail d’équipe et l’autonomie. Selon moi, chaque employé doit considérer son entreprise comme la sienne, d’où l’importance d’entreprendre. La justesse et le respect sont pour moi deux valeurs fondamentales au poste de leader. 

BI : Quelles exigences la direction d’un hôtel de luxe requiert-elle ? Quelle qualité première exigez-vous de vos équipes ?
LA :
La perfection dans le geste, l’interaction avec le client, mais aussi le travail d’équipe qui est essentiel pour atteindre l’excellence. Il est aussi important de ne pas se dénaturer et rester soi-même, authentique. Cet aspect est très apprécié par les clients et c’est ce qui, souvent, nous différencie dans notre qualité de service.

BI : Quelle faute vous inspire le plus d'indulgence ?
LA :
Lorsqu’elle est le résultat d’une volonté de bien faire.

BI : En quoi est-il essentiel de former vos équipes à l’excellence de service ?
LA :
Nous nous devons de proposer un service excellent, sans fausse note. Cela s’apprend et se perfectionne.  

BI : Même en qualité de Président Directeur Général, continue-t-on d'en apprendre chaque jour un peu plus sur le luxe, ses codes et ses multiples façons de l'incarner ?
LA :
Bien évidemment. Il est important de toujours se remettre en question, d’écouter le retour des clients, de ses collaborateurs. C’est l’aptitude de pouvoir s’émerveiller, d’être curieux, de comparer, de s’inspirer, de découvrir…

BI : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels ?
LA :
Il faut toujours garder en tête que toute expérience est bonne à prendre, et ne jamais s’arrêter d’être curieux, continuer perpétuellement de s’instruire, voyager, observer…

BI : Que préconisez-vous pour les hommes : barbe soignée ou rasage de près ?
LA :
Il n’y a pas vraiment d’importance, tout est dans l’attitude, l’émotion, l’amour du métier et l’élégance des gestes.

BI : Pour les femmes : pour ou contre le vernis rouge ?
LA :
De la même manière que la question précédente : tout est dans l’élégance des gestes. Même dans le luxe, il faut savoir vivre avec son temps.

BI : Si l’hôtellerie de luxe était une couleur, quelle serait-elle ?
LA :
Le bleu turquoise qui me rappelle l’eau de la mer ; le pastel et le beige, aussi, qui sont des couleurs élégantes, sobres et dans l’ère du temps

BI : Un animal ?
LA :
Un chat, plus précisément un Sacré de Birmanie. Cet animal représente la famille, le confort, le sentiment d’être chez soi. Concernant le choix de la race, je dirais que les Sacrés sont d’une beauté sans pareille dans leur attitude qui dégage toujours une élégance certaine. Vous comprendrez donc pourquoi nous avons adopté Fa-Raon, Sacré de Birmanie et mascotte du Bristol Paris depuis près de 10 ans !

BI : Un adjectif ?
LA :
La beauté. Celle des gestes, d’un plat, du savoir-faire, de la décoration d’intérieure…

BI : Une émotion ?
LA :
La générosité.

BI : Un objet ?
LA :
Mon choix se porte sur un plat gastronomique : les fameux Macaronis à la truffe et au foie gras du Chef Eric Frechon. Ce plat est selon moi une forme d’art. Ce pourrait être aussi une belle montre qui représente un travail minutieux et un savoir-faire hors pair. 

BI : Une devise ?
LA:
"We are host of choice creating meaningful connections in endearing places". Devise de Oetker Collection.

BI : Une vertu ?
LA :
Aimer faire plaisir.

BI : Un personnage historique ?
LA :
Frederick Hervey, 4e Comte de Bristol, qui a inspiré un grand nombre d’hôteliers, d’où la reprise récurrente dans le choix de "Bristol" pour le nom d’établissements.